La lutte pour le salaire minimum à 15 dollars au Québec

La lutte pour le salaire minimum à 15 dollars au Québec : les travailleurs du Vieux-Port de Montréal rejettent l’offre de l’employeur et souhaitent poursuivre leur grève

« Après 100 jours de grève, les 300 employés fédéraux du Vieux-Port de Montréal n’ont pas réussi à obtenir une augmentation de salaire et le paiement de jours de congé de maladie » précise Konrad Lamour, président du Syndicat des employé.es du Vieux Port de Montréal – local 10333 – de l’Alliance de la Fonction publique du Canada. Konrad Lamour décrit la mauvaise proposition faite par l’employeur, la Société du Vieux-Port de Montréal à lui-même et à ses collègues :

« Ces deux principales demandes auraient fait de nous des travailleurs de la classe moyenne. Lorsque l’on considère les promesses électorales faites par le gouvernement Trudeau, promesses qui lui ont permis de remporter les dernières élections fédérales, on ne peut être que profondément déçus. »

Le rejet de l’offre par les travailleurs du Vieux-Port, qui a fait suite à plusieurs échanges acrimonieux entre le mouvement et le gouvernement libéral du Québec, représente la plus récente escalade dans la lutte pour le salaire minimum à 15 dollars de l’heure au Québec et au Canada.

Le 13 août, à la suite d’une manifestation organisée à Montréal pour l’obtention du salaire minimum à 15$, manifestation à laquelle ont pris part des centaines de personnes, Carlos Leitão, ministre des Finances du Québec, déclarait publiquement que 10,75 $ de l’heure était un salaire minimum suffisant. La manifestation avait pour objectif de rassembler les participants du Forum social mondial et les travailleurs du Vieux-Port de Montréal, dont 40 % gagnent moins de 15 $ de l’heure. Françoise David, porte-parole de Québec solidaire, s’est adressée à la foule en ces termes : « le salaire minimum à 15 $ de l’heure s’impose maintenant »

Une semaine plus tard, le syndicat a répondu à la déclaration du ministre Leitão lorsque plus de 50 travailleurs du Vieux-Port ont investi ses bureaux. « Le ministre Leitao a poussé le bouchon un peu loin la semaine dernière en affirmant que le salaire minimum actuel était approprié. Cette déclaration a soulevé l’ire de nos membres en grève », souligne Magali Picard, vice-présidente exécutive régionale de l’AFPC-Québec.

La même journée, le premier ministre Philippe Couillard, adoptant la position du « gentil flic » pour faire contrepoids au mauvais rôle joué par son ministre, a appelé à un débat sur le salaire minimum à 15 $ de l’heure pour « examiner les expériences qui ont été menées ailleurs », sans aucunement prendre clairement parti sur la question. Parallèlement, des articles au sujet de la campagne pour l’obtention du salaire minimum à 15 $ de l’heure sont parus presque quotidiennement dans les principaux journaux québécois lapresse.ca et ledevoir.com.

La grève des travailleurs du Vieux-Port de Montréal, un site historique célèbre et un des lieux parmi les plus touristiques au Canada, a fourni un appui supplémentaire au mouvement pour l’obtention d’un salaire minimum à 15 $ de l’heure. Les travailleurs du Vieux-Port sont en grève depuis le 27 mai et, s’ils sont parvenus à faire fermer certaines exploitations phares du Vieux-Port comme le Centre des sciences, le Port d’escale et la plage, des dizaines de concessions privées continuent de fonctionner depuis le début du conflit grâce au recours à des briseurs de grève.

La lutte des travailleurs du Vieux-Port incarne désormais la bataille pour l’obtention du salaire minimum à 15 $ de l’heure et contre le travail précaire au Québec et au Canada.

Interdits par une injonction d’entrer sur les lieux du Vieux-Port, les travailleurs manifestent depuis le début du conflit de six à sept jours par semaine aux abords de leur lieu de travail en scandant « Un rattrapage urgent, pour un salaire décent!» Depuis le départ, ces travailleurs ont associé leur grève à la lutte plus générale pour l’obtention du salaire minimum à 15 $ de l’heure, notamment en organisant des actions de plus grande envergure, le 15 ou aux alentours du 15 de chaque mois parallèlement et en solidarité avec la campagne globale de lutte pour l’obtention du 15 $ minimum en Amérique du Nord.

Bien qu’ils soient employés par le gouvernement fédéral, les travailleurs du Vieux-Port sont considérés comme étant des « employés fédéraux » et non pas des « fonctionnaires », ce qui permet au gouvernement de faire appel à des agences privées pour sous-traiter leurs emplois. Dans ce contexte, l’employeur, la Société du Vieux-Port de Montréal est une filiale de la Société immobilière du Canada, une « société d’État ». Les travailleurs du Vieux-Port sont syndiqués auprès de l’Alliance de la Fonction publique du Canada, qui compte 180 000 membres au Canada.

Si les travailleurs du Vieux-Port n’ont pas obtenu un contrat satisfaisant, ce n’est pas par manque d’ingéniosité tactique. Jacques Fontaine, un des membres de l’équipe de négociation cite certain des actions entreprises par les grévistes à ce jour:

En tant que petit groupe confronté à d’importants défis, nous avons décidé très vite de nous joindre au mouvement pour l’obtention du salaire minimum à 15 $ de l’heure afin d’avoir du soutien. Cette relation a en fait représenté un des points forts dans une lutte qui s’est avérée très difficile. Durant les négociations nous avons mené sans relâche des actions afin de mettre de la pression sur notre employeur : piquetages devant les bureaux de la Société immobilière du Canada à Toronto et à Ottawa, rencontres avec les députés locaux du parti libéral et manifestations lors des événements médiatisés comme la fête du Canada, le triathlon international de Montréal et diverses autres activités organisées au Vieux-Port.

Les employé.es du Vieux-Port ne sont pas seuls travailleurs syndiqués au Québec à être en grève pour l’obtention du salaire minimum à 15 $ de l’heure: 3 000 travailleurs du Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES), employés par 38 maisons de retraite privées ont entamé une grève à durée indéterminée le 21 juin, après avoir fait trois jours de grève tournante d’une journée. À l’instar des travailleurs du Vieux-Port, le SQEES est membre de la Fédération des Travailleurs du Québec, qui a lancé sa propre campagne, Minimum 15, le 1er mai. Le SQEES a désormais obtenu un contrat de travail. Leur victoire a encouragé ceux qui espèrent obtenir gain de cause, au moins d’ici 2022, comme cela est indiqué dans les demandes faites par la coalition Minimum 15. Toutefois, malgré une mobilisation importante, les travailleurs du SQEES accusent du retard par rapport à leurs homologues du secteur public qui gagnent un peu plus de 20 $ de l’heure après quatre ans de service.

Il est intéressant de comparer les tactiques et les défis inhérents aux deux luttes. Contrairement aux travailleurs du Vieux-Port, les travailleurs des maisons de retraite de la SQEES n’ont pas fait face aux briseurs de grève. Toutefois, étant donné que ces travailleurs fournisseurs des services essentiels, ils sont assujettis à la loi du Québec qui leur interdit de faire plus de 42 minutes de grève par jour. Par ailleurs, les travailleurs du Vieux- Port, qui ne représentent en nombre qu’un dixième des travailleurs du SQEES, ont tenté de remédier à leur infériorité numérique en s’adressant aux forces de gauche indépendantes, ce que n’a pas fait le SQEES. Tous ces travailleurs se sont toutefois soutenus mutuellement en prenant part aux actions organisées par les deux groupes. Québec solidaire, le parti indépendantiste de gauche a appuyé ouvertement les grévistes en participant à leurs actions et, plus récemment, en unifiant les différentes coalitions de gauche – 15plus.org, l’Industrial Workers of the World (IWW) et le centre des travailleurs immigrants – sous l’égide de « 15maintenant ».

S’il reste encore à voir où les choses mèneront, la centralisation des forces de gauche au sein de la coalition 15 maintenant, avec l’appui de Québec solidaire, constitue une avancée majeure pour l’unification des anarchistes, des socialistes et des divers autres militants. Il y a un an, l’arène politique était totalement différente. À ce moment-là, QS soutenait officiellement l’instauration d’un revenu minimum garanti et ne s’était pas prononcée en faveur du salaire minimum à 15$ de l’heure. Les forces indépendantes de gauche ne s’entendaient pas pour décider s’il fallait ou non travailler avec QS et de quelle manière, les anarchistes – les plus nombreux – évitant de s’associer avec tout parti politique, y compris Québec solidaire. Incapables de rallier à leurs vues les militants de l’IWW, les membres d’Alternative socialiste, de la Ligue communiste et de divers autres groupes communautaires ont créé 15plus.org pour lancer une pétition demandant l’instauration du salaire minimum à 15 $ de l’heure maintenant, montant devant être indexé sur le coût de la vie.

15plus.org a également contribué à la campagne et aux élections partielles (en milieu d’année) de la candidate de Québec solidaire à la députation provinciale Marie-Eve Rancourt, qui s’est prononcée en faveur du salaire minimum à 15 $ de l’heure avant même que cette revendication ne soit appuyée officiellement par son parti. Si Marie-Eve Rancourt a perdu l’élection, QS a vu son vote passer de 10 % à 20% par rapport à la dernière élection. Lorsque, au printemps, la Californie, l’Oregon et New York ont adopté des plans relatifs au salaire minimum à 15 $ de l’heure, la pression s’est accentuée sur Québec solidaire pour que le parti prenne position en faveur de cette revendication.

Cette campagne a également été déterminante pour montrer quel parti pour l’indépendance au Québec défend les intérêts du 99 %. Lorsque Karl Philippe Péladeau, magnat de la presse et milliardaire, a quitté la tête du Parti québécois (centre droit), en avril, il a semblé pour un bref instant que le PQ pourrait adopter une orientation politique plus progressiste, notamment en collaborant avec Québec solidaire. Ces espoirs ont bien vite été déçus lorsqu’à la fin du mois d’avril, la députée de QS Manon Massé a déposé à l’Assemblée nationale du Québec une motion en faveur de l’instauration d’un salaire minimum à 15 $ de l’heure, motion qu’aucun parti politique n’a appuyée.

Ses espoirs d’alliance avec les grands partis politiques anéantis, QS a été contraint de collaborer avec les forces de gauche du mouvement 15+. QS a saisi l’occasion politique et appuyé la pétition 15plus.org, et ses exigences radicales portant sur le « 15 $ maintenant » montant indexé au coût de la vie. Si le mouvement 15+ était déjà parvenu à lui seul à rassembler 1 000 signatures pour la pétition, l’appui de QS a permis d’étendre de façon significative la portée politique de la pétition et les exigences radicales qu’elle contient, comme l’explique Julien Daigneault, porte-parole de 15+ :

En appuyant notre pétition, Québec solidaire contribue à légitimer davantage les demandes liées à la revendication du 15 $ de l’heure maintenant avec une indexation correspondant à l’augmentation du coût de la vie. De plus, en révélant le manque flagrant d’appui à cette revendication de la part des grands partis politiques, QS a mis en évidence le fait que ces derniers n’ont rien à offrir aux travailleurs. La pétition est également un outil politique pratique pour les groupes individuels qui souhaitent la présenter dans leurs institutions scolaires et en milieu de travail tout en contribuant à un projet politique commun.

Lorsque la FTQ a lancé sa propre campagne le 1er mai pour exiger un salaire minimum à 15 $ de l’heure en 2022, avec des minimums plus bas dans les régions rurales, comme l’a fait l’Oregon et New York, elle s’était déjà positionnée comme à la droite du mouvement. Peu après, les 400 000 membres de la Confédération des syndicats nationaux lui ont emboité le pas en évitant de préciser les dates et les échéances applicables au 15 $ de l’heure.

Pour les organisateurs qui favorisaient une approche plus centralisée, la mise sur pied de 15 maintenant a représenté une chance de se pencher sur des questions politiques plus profondes se posant à la gauche à la suite du mouvement Occupons, particulièrement dans le contexte de l’après-mouvement québécois du printemps érable: il est temps de repenser la stratégie de la « diversité des méthodes tactiques ». C’est un moyen pratique de dissimuler nos différences, sans travailler ensemble efficacement, de manière beaucoup moins démocratique », précise Bruno-Pierre Guillette, membre de 15plus.org et délégué syndical de la Fédération de la santé et des services sociaux, dont la fédération tutélaire, la Confédération des Syndicats Nationaux, a lancé sa propre campagne pour l’obtention du 15 $ de l’heure, assortie de l’exigence suivante : obtention « le plus rapidement possible » du salaire minimum à 15 $ de l’heure.

15maintenant a commencé à organiser une action pancanadienne pour l’obtention du salaire minimum à 15$ de l’heure, action qui aura lieu le 15 octobre. Les signatures recueillies alors que la pétition était en ligne du 28 avril au 28 juillet – période de temps permise par la loi, seront présentées à l’Assemblée nationale, l’Assemblée législative provinciale à Québec, le 19 septembre. Entre-temps, la pétition est entrée dans une seconde phase : une campagne éclair est prévue pour la rentrée des classes en vue de recueillir un total de 15 000 signatures sur les campus de McGill, de Guy Concordia et de l’Université du Québec à Montréal jusqu’à la journée d’action du 15 octobre.

L’élargissement de la lutte pour l’obtention du 15$ de l’heure à bon nombre de campus montréalais indique à quel point l’enjeu se propage comme un feu de brousse et sert de véhicule pour faire le lien d’une lutte à l’autre au Québec. Heather Holdsworth, étudiante à McGill et membre du Syndicat des employé(e)s occasionnels de l’université McGill et de McGill for 15 and Fairness, décrit la façon dont la pétition est utilisée pour organiser les travailleurs étudiants: « notre mouvement pour l’obtention d’un salaire minimum à 15 $ de l’heure à McGill est né à partir d’un réseau de différents syndicats et groupes unifiés au sein des milieux de travail sur les campus. Nous souhaitons avant tout faire bien comprendre à nos collègues travailleurs étudiants ce que cela signifierait pour nous de gagner un salaire minimum de 15 $ de l’heure comparativement au salaire actuel minimum de 10,75 $ et de mettre fin à la précarité dans nos milieux de travail. ».

En recourant de façon flagrante à des briseurs de grève et en refusant d’accorder à ses employés un salaire décent et des journées de maladie, la Société du Vieux-Port de Montréal et le Vieux-Port de Montréal ont révélé jusqu’où était prêt aller le 1 % pour maintenir les salaires au plus bas. Parallèlement, cela prouve le manque total de volonté des principaux partis québécois à lutter contre l’austérité néolibérale qui a été imposée aux personnes qui ont voté pour ces partis et le rôle essentiel que les forces populaires de gauche peuvent jouer pour infléchir le discours, particulièrement en travaillant avec un parti de gauche comme QS.

Hémisphère Gauche

Vendredi 7 octobre 18h30 au bar le Département (A-M640)

Soirée de réseautage et de discussion. Pour l’occasion nous lancerons un cercle de lecture auquel vous pourrez vous joindre et proposer des textes. Pour cette première édition, nous vous invitons à lire un court texte afin d’alimenter la discussion (Hémisphère Gauche, introduction)

Événement Facebook

Hémisphère Gauche : une cartographie des nouvelles pensées critiques, de Razmig Keucheyan Les Nouvelles Théories Critiques apparaissent après une période de glaciation intellectuelle amorcée dans les années 1970 : nouvelles, car elles sont apparues après la chute du mur de Berlin en 1989 ; théories, parce qu’elles dépassent l’analyse ou l’explication et décrivent ce qui est souhaitable ; critiques, car elles remettent en question l’ordre social existant de façon globale. Dans cette cartographie d’où nous avons tiré l’extrait choisi à titre d’introduction, les philosophes de la gauche sont situé-e-s idéologiquement et géographiquement, faisant le portrait de la pensée contestataire du 21e siècle. À partir de cette référence, nous invitons tous ceux-celles intéressé-e-s par les idées critiques de notre époque de se réunir afin d’explorer cette riche littérature et d’en discuter dans le but de s’éduquer, de s’agiter et de s’organiser. Nous proposons une orientation vers les enjeux sociopolitiques et économiques, mais c’est à vous de nous rejoindre et de choisir les sujets abordés par notre groupe, que ce soit l’impérialisme, le nationalisme, le capitalisme, la démocratie, le féminisme, les luttes identitaires ou ceux de classe. Au plaisir de découvrir l’hémisphère gauche ensemble!

Assemblée générale annuelle d’ÉS-UQAM – Ouverte à tous et toutes

Étudiant-e-s Socialistes UQAM vous invite à son Assemblée générale annuelle le 19 novembre prochain.

Il sera question des :
-Rapports des exécutants
-Du Bilan et du Budget
-Des Activités à venir
-Des Élections d’officiers

L’assemblée est ouverte à tous et toutes. C’est une bonne porte d’entrée pour vous impliquer avec Étudiant-e-s Socialistes UQAM. En espérant vous voir nombreux.

Conditions de travail : Le retour de l’héroïque investisseur privé

Il faut favoriser les investisseurs privés pour créer des emplois! N’entendons-nous pas cette formule clamée sur tous les toits par les politiciens? Une formule répétée avec tant d’énergie qu’on a l’impression que des effets suivront inévitablement dans le prochain mandat du tribun. Toutefois, alors que les entrepreneurs jouissent d’un climat leur permettant d’amasser des fortunes, nos conditions de vie et de travail se détériorent. Pourquoi?

Les gouvernements disent préconiser l’aide aux entreprises (surtout aux grandes) afin de stimuler l’économie et créer des emplois. L’élite politique, caractérisée par la pensée néolibérale, suppose que le « créateur de richesses » n’est nul autre que l’entrepreneur; du boss d’la shop au grand investisseur multimillionnaire, voire multimilliardaire.

Il est faux de dire que les entrepreneurs créent de la richesse. Se sont les producteurs, les travailleurs, qui s’activent dans l’usine ou qui tapent à l’ordinateur au bureau, qui créent cette richesse. Si l’entreprise fait de l’argent, qu’elle est rentable, c’est que les travailleurs y fournissent un travail suffisant. Si l’entreprise fait des profits, c’est qu’elle rémunère moins les salariés que la valeur du travail produit. Il serait incohérent pour un capitaliste de vous redonner la totalité de la valeur de votre travail. Il se retrouverait les mains vides avec un budget à zéro. C’est pourquoi votre salaire est toujours plus bas que la valeur du travail que vous procurez.

Mono_05L’argent public dans les poches du privé

Le discours économique (néo)libéral place l’entrepreneur au cœur du processus de « création de richesses ». Les travailleurs y sont considérés comme « impotents et nécessitant un maître ». L’État est quant à lui un monstre « gaspilleur et inefficace ». Le rôle de l’entrepreneur capitaliste devient alors primordial pour investir afin de créer des emplois. Le discours des élites valorise ainsi l’investissement privé, en opposition à l’investissement public direct de l’État. La création d’emplois devient alors une conséquence éventuelle de l’activité capitaliste et non son but premier.

Ainsi, il faut répondre aux caprices des entrepreneurs pour « encourager » l’investissement privé. Les patrons exigent moins de règles concernant les conditions de travail et la polyvalence des salariés (lire ici précarité). Ils tentent par tous les moyens de diminuer les coûts de main-d’oeuvre (dont les salaires). En outre, les mesures fiscales avantageuses dont bénéficient les entreprises (faible imposition, crédits d’impôt, subventions, etc.) sont impensables pour le simple citoyen. À titre d’exemple, un jeune entrepreneur d’une PME m’a déclaré à quel point le nombre de subventions et d’« investissements » dont son entreprise pouvait faire l’objet est ridiculement élevé. Même les agrafes de sa brocheuse de bureau sont subventionnées. Il a fini la conversation en affirmant qu’il est vraiment facile de démarrer sa compagnie au Québec tant les mesures sont avantageuses. Quand même un entrepreneur voit l’aspect outrancier de ces privilèges donnés aux entreprises…

Un retour en arrière

La montée en puissance du rôle des investisseurs privés comme moteur de l’économie et comme décideurs politiques engendre de sévères attaques aux conditions de travail, à l’emploi. Pour aider un capitaliste, il faut des conditions d’exploitation toujours plus accrues afin de retirer plus de profits « pour plus de capital à investir ». Cela passe par un coût que production plus bas : moins de réglementation, plus de précarité et des salaires plus bas. Au XIXe siècle, les capitalistes ont ajusté leur production grâce au « capital variable », c’est-à-dire sur le dos des travailleurs. Licenciements de masse et baisses de salaires drastiques étaient la norme pour l’entreprise, comme le chômage et la misère l’étaient pour les travailleurs. Le néolibéralisme n’est que le retour des politiques libérales du XIXe siècle. Les effets de ces attaques s’accentuent au fur et à mesure que le syndicalisme recule et que la gauche politique de désagrège. Les amis des capitalistes présents aux différents paliers de gouvernement aident grandement les entreprises en votant des lois dans leur intérêt, comme, par exemple, en maintenant le salaire minimum sous le seuil de la pauvreté pendant des décennies.

De l’argent, il y en a…

Au cours des dernières années, le Québec a connu une perte d’emplois à temps plein comblée en partie par une hausse d’emplois à temps partiel. Ces emplois précaires et souvent moins bien payés ont remplacé des emplois dont les conditions étaient beaucoup plus intéressantes. Or, avec l’application de toutes ces politiques avantageuses pour le Capital, pourquoi n’avons-nous pas récupéré un quelconque bénéfice? La manière dont investit les capitalistes est faite dans leurs intérêts, non pas dans ceux des conditions de travail et des salaires des travailleurs. Si l’on facilite la marge de manœuvre des capitalistes, ils prendront toute cette marge. C’est dans leur nature de faire ce qui les avantage comme il est dans l’intérêt des travailleurs d’exiger un emploi stable et bien payé.

Encore pourrait-on rétorquer que l’investissement privé demeure la meilleure manière d’avoir de nouveaux emplois, quoique précaires et mal payés. Toutefois, une récente étude de l’IRIS montre que les entreprises font de la surépargne, c’est-à-dire qu’elles accumulent du capital et ne l’investissent pas en nouveaux emplois ou même en hausse de salaire. Pourtant, avec les taux d’intérêt actuellement bas, une tendance à l’investissement devrait être observée. Pour un capitaliste, épargner ne rapporte pas beaucoup et emprunter coûte moins cher. Sans aboutir à une conclusion claire sur les causes de la surépargne, l’étude nous renseigne sur le phénomène de son accélération dû à des baisses d’impôts sur le capital :

« Tant au Canada qu’au Québec, la tendance à la suraccumulation remonte aux années 1990 et s’est intensifiée dès les années 2000. Nous pouvons en conclure, tant à partir de nos données que de celles de l’étude de Stanford, que si les sources de revenus qui ont nourri cette accumulation proviennent d’un taux de profit avant impôts demeuré stable à environ 9 %, ce sont les baisses d’impôts consenties aux entreprises pendant les années 1990 et surtout à la fin des années 2000 qui ont augmenté significativement le flux de revenus sources d’épargne. Alors qu’elles devaient avoir un impact en stimulant l’investissement, elles ont plutôt stimulé la surépargne. »

C’est d’ailleurs The Economist, comme la note de l’IRIS le rappelle, qui s’inquiète de la surépargne en Asie et de ses conséquences néfastes sur la croissance économique. Les entreprises sont riches, mais ne stimulent pas l’économie en injectant dans celle-ci leurs liquidités. Il est non seulement faux de penser qu’une entreprise qui réussit va donner de meilleurs salaires, mais en plus celle-ci n’investira même pas dans de nouveaux emplois.

On semble oublier, volontairement ou non, que les « investisseurs » ont naturellement tendance à accumuler et que la décision d’investir ce Capital est justement privée. On peut encourager l’investissement privé, mais il ne faudrait surtout pas le forcer! Nous serions alors obligés de faire intervenir davantage l’État dans l’économie, minant ainsi la « concurrence » du « libre marché » censée nous garantir paix et prospérité! Comme le disait Marx dans Le Capital, « du Capital, c’est du travail mort »… et rien d’autre.

Une riposte politique syndicale s’impose

Les ressources capitalisées et l’aide excessive donnée aux entrepreneurs pourraient amplement permettre la création de nombreux emplois bien rémunérés. Une riposte syndicale, accompagnée d’une formation politique défendant les intérêts des travailleurs, permettrait de ramener les produits du travail vers les vrais « créateurs de richesses », les travailleurs. Une riposte syndicale est nécessaire pour contrer la précarité et les baisses de salaires, autant pour les salariés syndiqués que non syndiqués. Mais, seule une formation politique sera en mesure de faire voter des lois pour taxer le Capital, augmenter le salaire minimum à un niveau décent et réglementer le monde du travail à l’avantage des travailleurs.

Cela pourrait notamment prendre la forme d’une interdiction des agences de placement, plaie ouverte du monde du travail. Ces agences agissent comme tiers dans la production. Elles engagent des employés à la place d’un patron qui lui, « loue » leurs services. Les entreprises n’ont ainsi pas de compte à rendre aux travailleurs, seulement à l’agence. Dans l’autre sens, le patron des employés, c’est l’agence. Il est alors plus difficile de créer un rapport de force, car les salariés sont disséminés à travers les réseaux de l’agence. Par exemple, une agence reçoit 22$/h d’un patron pour un employé qui fournit un travail dans son entreprise. Toutefois, l’agence paie ce travailleur 12$/h, réalisant un profit de 10$/h à titre d’intermédiaire.

Changer de système

Tant que l’on vivra dans une économie capitaliste, on subira de nouvelles attaques sur nos conditions d’existence. Nous devons dépasser cette économie de l’exploitation et du privilège. Le constat est clair : l’économie capitaliste marche en fonction des profits, non en fonction des besoins. Les emplois ne seront jamais une priorité sous le capitalisme. Nous avons besoin d’une réelle démocratie politique et économique, d’un pouvoir redevable et révocable ainsi qu’un contrôle démocratique de la production et de la distribution. Rappelons-nous que durant la crise des années 1930, pendant que les travailleurs du Québec brûlaient leur cadre de porte pour se chauffer l’hiver, le chômage était inexistant en URSS. Loin de nous la volonté de répéter une expérience de gestion bureaucratique et totalitaire héritée du stalinisme. Toutefois, il est pertinent d’étudier l’expérience de planification de l’économie dans les pays du « socialisme réel » pour trouver des pistes de solutions à nos problèmes. L’histoire de ces pays montre que le socialisme sera démocratique ou ne sera pas.

P2015 et les Cégeps: Rejoindre la base étudiante

Jean-François Larivière, étudiant au Cégep de Rosemont

L’incapacité des militant-es étudiant-es à rejoindre la base peu ou pas politisée fait partie des défis de mobilisation de tout mouvement étudiant. Le mouvement de grève du printemps 2015 dans les Cégeps en est la meilleure démonstration. Peu d’associations étudiantes collégiales sont entrées en grève générale illimitée ou reconductible, contrairement à la tradition où la mobilisation débute dans les Cégeps pour ensuite s’étendre dans les universités.

Ce problème de taille s’explique principalement par le fait que le mouvement a été organisé par quelques militant-es au sein de cercles et d’assemblées fermés, plutôt que sur le terrain. Un mouvement se construit suite à d’importants efforts de sensibilisation, d’information et de mobilisation. Ce n’est pas par un groupe Facebook fermé ni par un plan d’action radical qu’on peut espérer construire un mouvement de masse.

Développer la conscience politique
Pourtant, les étudiant-es des Cégeps sont sensibles aux coupures sauvages saccageant nos acquis et nos services publics. On ne peut tout de même pas espérer qu’ils en viennent à choisir la grève après seulement quelques semaines de mobilisation. On ne peut pas s’attendre à ce que la majorité des étudiant-es possèdent la même conscience politique que les comités militants. On ne peut prétendre construire un mouvement de grève sans les consulter et sans s’assurer que la population étudiante en comprenne la nécessité. Le fait d’ignorer et même renier les associations étudiantes locales et nationales découle d’un sectarisme inutile et nuisible à la cause. Pour construire un mouvement large, inclusif et légitime, il faut investir les associations étudiantes et les instances démocratiques, et non leur cracher dessus.

Les étudiant-es des Cégeps ont toutefois organisé des manifestations locales et participé-es aux manifestations régionales et nationales, notamment celle du 1er mai. Ils et elles ont pu appuyer et participer au mouvement selon leurs moyens et leur compréhension politique. On ne peut pas parler d’une partie de la population étudiante démobilisée et immobile. Il faut prendre en compte la réalité de leur conscience politique, qui évolue et change par le travail de terrain.

Identifier les effets concrets
On ne peut espérer convaincre une large base de la population, étudiante ou non, en prônant de se battre contre une idéologie qui flotte dans le monde des idées. Il faut plutôt leur montrer les conséquences concrètes et réelles des mesures d’austérité et du néolibéralisme : les coupes dans les services aux étudiant-es, dans les services psychosociaux et d’animation, les suspensions politiques, etc. Il est nécessaire de d’abord exposer comment l’austérité les affecte en tant qu’étudiant-es avant d’expliquer comment elle affecte la société en général.

Bref, un mouvement se construit en allant sensibiliser et convaincre les gens, non pas en s’organisant entre militant-es sur un groupe Facebook.

Réflexions socialistes #3 – été 2015

Reflexions_socialistes_3_couvertureLa 3e revue Réflexions socialistes est sortie! Elle crend cette fois 36 pages et contient notamment une contribution du militant Paul Cliche!

Téléchargez Réflexions socialistes vol.2 #2

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La revue Réflexions socialistes paraît trois fois par année, au début de chaque semestre scolaire. Vos abonnements solidaires de 10$ pour un an (trois numéros) nous permettent d’améliorer notre publication et d’élargir la lutte pour le socialisme.

Il est possible d’obtenir des copies papier des numéros déjà parus (#1 et #2) au local du comité (UQAM, 320, rue Ste-Catherine Est, DS-3217) pour la modique somme de 1$. La revue est aussi distribuées dans plusieurs endroits à Montréal, principalement à l’UQAM.

Contribuez!
Ce journal est la tribune de toutes ceux et celles qui veulent lutter pour l’amélioration de leurs conditions de vie, dénoncer l’injustice et combattre le capitalisme.

Comme le comité Étudiant-e-s socialistes, les pages de son journal sont ouvertes à différents types de contributions (analyse, poésie, art graphique…) peu importe si vous êtes étudiant-e ou non. La rédaction est particulièrement intéressée à recevoir vos témoignages de mauvaises conditions de travail, de corruption ou d’injustices dans l’optique de les dénoncer et d’agir.

Contactez-nous au info@esuqam.com


Sommaire du vol.2 #2

Éditorial
03 Répression politique à l’UQAM: Une excuse pour attaquer la cogestion
Étudiant-es socialistes UQAM

Luttes
05 Leçons du printemps 2015: Éviter les mêmes pièges cet automne
Julien Daigneault
10 Le Printemps 2015 et les CÉGEPs: Rejoindre la base étudiante
Jean-François Larivière
11 1er mai 2015: Bilan et perspectives de la lutte contre l’austérité
Bruno-Pierre Guillette

Économie
14 Conditions de travail: Le retour de l’héroïque investisseur privé
Nataël Bureau
17 Les paradis fiscaux et ses effets pervers: Le cas de la dette publique
Frédéric Rogenmoser

Politique
20 Le scrutin proportionnel: Pour que tous les votes comptent
Paul Cliche
24 «Lois antiterroristes»: Une menace réelle pour notre société
Kevin Messang-Blansché

International
27 Podemos: Le Syriza espagnol?
Danny Byrne
30 Grèce: Se subordonner à la Troïka ou rompre avec l’austérité?
Éditorial du journal de Xekinima, no 410

Culture
33 S.A.S. Section d’assaut: Discours sécurisant et sécuritaire
Denis Poissonnier

Expulsions politiques à l’UQAM: une menace pour la cogestion!

Les évènements survenus à l’UQAM au cours des dernières semaines rappellent les méthodes managériales et autoritaires utilisées par le rectorat pour régler les conflits avec ses opposant-es.

L’objectif politique de l’injonction contre les levées de cours obtenue par l’administration de l’UQAM était de briser la grève en s’en prenant directement au pouvoir de grève des associations étudiantes. L’un des buts derrière les menaces d’expulsion pesant sur neuf militant-es est tout aussi politique : celui de court-circuiter et d’affaiblir la cogestion universitaire à l’UQAM, mode d’organisation unique au Québec et obtenue de chaude lutte.

L’UQAM musèle la voix des étudiant-es sur ses instances
Les étudiant-es visé-es par les expulsions ont directement été convoqués devant le Comité exécutif de l’UQAM plutôt qu’au Comité d’intervention supposé être la première instance (Politique nº25). Les étudiant-es convoqué-es n’ont pas eu de délai raisonnable pour préparer leur défense. Les dossiers de preuves ne leur seront divulgués que lors de leur comparution.

L’administration a d’abord convoqué la représentante étudiante sur le Conseil d’administration et le Comité exécutif de l’UQAM, Justine Boulanger, afin de s’assurer qu’elle ne puisse pas siéger et exercer son droit de vote dans le dossier.

L’administration a ensuite fermé le dossier de l’autre représentant étudiant sur le CA, René Delvaux, privant cette instance de toute voix étudiante.

La cogestion, un acquis à défendre!
Il est primordial de défendre la cogestion universitaire, revendication historique du mouvement étudiant, pour renforcer le pouvoir de la communauté uqamienne sur sa propre institution. Les professeur-es, chargé-es de cours, étudiant-es et employé-es ont une expertise spécifique. Leur présence sur les différents comités assure que les décisions prises concernant la recherche, l’administration ou l’aspect pédagogique les représentent réellement.

En renvoyant des étudiant-es impliqué-es sur des instances paritaires, le rectorat a le champ libre pour prendre des décisions dans son intérêt plutôt que dans celui des étudiant-es, des employé-es et du corps enseignant de l’UQAM.

Dès la création d’Étudiant-es socialistes UQAM en 2012, une résolution à l’égard de la cogestion universitaire et de la gratuité scolaire est prise:

Extrait de la plate-forme d’Étudiant-es socialistes UQAM
1) ES-UQAM croit en la gratuité scolaire et à la cogestion des universités, c’est-à-dire que ceux et celles qui animent l’université (corps enseignant, étudiant-es, travailleur-euses) devraient être majoritaires sur les instances décisionnelles de l’université.

En ce sens, ES-UQAM vous invite à adopter en assemblée générale modulaire et facultaire des résolutions visant à lutter pour conserver nos acquis cogestionaires et réaliser de nouveaux gains.

  • Non aux expulsions politiques, présentes et à venir!
  • Pour la démission du vice-recteur à la Vie universitaire, Marc Turgeon!
  • Pour des élections démocratiques des représentant-e-s étudiant-es!
  • Pour une présence étudiante sur toutes les instances décisionnelles de l’UQAM!
    Pour la cogestion des universités!

Qu’est-ce que la cogestion à l’UQAM?
Dès la création de l’UQAM, sa communauté a créé des comités paritaires dans une optique de collégialité afin de mettre en œuvre différentes formes de cogestion. Cet héritage cogestionnaire permet aujourd’hui à des représentant-es dûment élu-es de siéger sur différentes instances décisionnelles. Par exemple, les comités de programmes se chargent de mettre en œuvre la commande de cours, de définir la structure des programmes ainsi que les approches pédagogiques permettant l’atteinte des objectifs. En se référant aux règlements nº5 et nº8, les professeur-es, chargé-es de cours et étudiant-es élu-es par leur assemblée respective votent des résolutions respectant les ressources, les enjeux et les besoins de chacun de leurs homologues.

Ici, la voix des professionnel-les et des étudiant-es prend le dessus sur la vision parfois déconnectée de la haute administration.

Version tract du texte distribué lors de la manifestation du 24 avril à l’UQAM

Grève générale en Belgique, 1960-61

mercredi 25 mars, 19h
UQAM, local PK-3605

201, av. du Président-Kennedy, Montréal
Métro Place-des-Arts

Alternative socialiste et Étudiant-es socialistes UQAM vous invitent à une série de conférences portant sur les plus grandes grèves générales de l’histoire.
Avec:
Bruno-Pierre Guillette
Alternative socialiste

Durant plus de six semaines, les travailleur-euses belges se soulèvent en plein hiver pour contester le projet de Loi unique du gouvernement Eyskens. Cette loi vise à faire des compressions sociales importantes pour combler l’endettement de l’État belge suite à la décolonisation du Congo. La grève de l’hiver 1960/61 est surnommée, à juste titre, la « grève du siècle ». Plusieurs y soulignent son caractère « insurrectionnel » et « révolutionnaire ».

Comment s’est déroulée cette grève? Quel a été le rôle des militant-es révolutionnaires et des chefs syndicaux dans le mouvement?

Que pouvons-nous apprendre de cette grève? Venez en discuter avec nous!

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Prochaines conférences
• Pologne 1980, 8 avril, 19h, UQAM, local A-2580
• Guadeloupe 2009 / Nigéria 2012, info à venir

Autodéfense étudiante et ouvrière

samedi 14 mars 2015, 10h-16h
UQAM, local A-1750

405, rue Sainte-Catherine Est, Montréal
Métro Berri-UQAM
5$, dîner inclus

Vous êtes invités à la formation socialiste du printemps organisée en collaboration avec Alternative Socialiste et le Mouvement progressiste pour l’indépendance du Québec.

10hDroits des manifestant-es
11h – Autodéfense étudiante: Le cas des Zengakurens japonaises
12h – Dîner
13h – Autodéfense ouvrière: les milices ouvrières
14h – Le terrorisme d’extrême gauche des années 70

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