De la nécessité d’une alternative écosocialiste

« La Terre peut vivre sans nous, mais nous ne pouvons vivre sans elle », cette citation du Président de la République de Bolivie Evo Morales n’a jamais été aussi vraie qu’à notre siècle. Dans une époque où l’air, l’eau et les sols sont pollués de plus en plus, où les ressources énergétiques fossiles commencent cruellement à manquer et dont la carence conduira inéluctablement à de plus en plus de guerres pour leur contrôle, où les modes de production n’ont jamais autant détruit l’environnement et l’écosystème dans lequel nous vivons, il est désormais impératif pour nous de revoir notre mode de vie, de consommation, de production afin de permettre, de promouvoir un développement durable et mettre en place des politiques écologistes à tous les échelons de la société.

« Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. »

L’auteur du Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry, nous rappelait déjà au milieu du XXe siècle que nous avons d’ores et déjà une dette envers toutes les générations futures et que nous avons le devoir de préserver le bien commun à toute l’humanité qu’est notre planète, notre écosystème, seul capable d’accueillir et de permettre le développement de la vie.

Les gouvernements du monde entier semblent se soucier de plus en plus de la question de l’écologie politique, en témoigne les nombreux protocoles ratifiés par les principales puissances mondiales, bien que peu respecter dans les faits, ou encore les conférences et autres sommets organisés régulièrement, dont le prochain devrait se tenir à Paris au cours de l’année 2015. Mais face aux nouveaux défis qui s’imposent à eux, deux principales options sont à leurs dispositions, reprenant le sempiternel antagonisme de philosophie politique opposant libéralisme et socialisme.

On attribue habituellement le nom de « capitalisme vert » pour l’écologie libéral alors qu’on préfère le terme d’écosocialisme pour son pendant de gauche. Vous vous douterez qu’ici, nous préférerons la philosophie écosocialiste, considérant le capitalisme vert purement et simplement hypocrite. Effectivement, le capitalisme classique se base sur une recherche continuelle de profit, ce trait de caractère n’échappant pas à l’écologie. À travers cette idéologie, on relègue la planète et l’environnement au rang de marchandise comme une autre, qui se doit d’être gérée par le pouvoir du marché, lui conférant une valeur d’échange, se matérialisant par exemple, par des droits à polluer. Ces droits se négocient sur un marché dédié où les grandes compagnies des industries polluantes achètent le droit de rejeter des tonnes et des tonnes de dioxyde de carbone dans notre atmosphère. Outre la disparité habituelle qu’en tel marché créé entre les plus fortunés et les moins aisés, cette conception de l’écologie ne règle en rien le problème, à aucun moment elle ne se penche sur les questions de l’après, du moment où nos modes de production actuels basés sur les énergies fossiles ne permettront plus de poursuivre et ce n’est là qu’un exemple de l’impossible conciliation entre écologie et libéralisme. Malheureusement, c’est pourtant cette idéologie qui s’impose dans le monde et qui est ratifiée par les sommets et autres conventions.

C’est pourquoi, nous citoyens, devons pousser vers la solution alternative que constitue l’écosocialisme. Celle-ci se base non pas sur le profit, mais sur l’intérêt général, mettant en avant le pouvoir du citoyen qui en rejetant le productivisme et le mode de vie consumériste dans lequel nous baignons depuis des décennies peut changer les choses. Toutes les décisions politiques doivent poursuivre un but d’intérêt général et l’écologie ne peut y échapper, les logiques marchandes ne peuvent avoir leur place dans l’avenir de nos enfants. Pour se faire, il est indispensable de rompre immédiatement avec les schémas de pensée et de production « traditionnels », capitaliste et au service d’intérêts particuliers et privés.

Revoir les modes de production

Les modes de production doivent être revus pour favoriser le « consommer local », l’agriculture biologique notamment, vecteur d’emploi et permettant une consommation et une production saine bénéfique pour l’économie, pour les sols et pour l’humain. Permettre de développer, par un financement public, des projets de productions d’énergies vertes, nécessaires à poursuivre la transition énergétique qui elle aussi aura un impact non négligeable sur la création d’emploi et la réindustrialisation de certaines zones aujourd’hui abandonnées. Là où le modèle libéral à tout détruit, au nom du sacro-saint profit, l’écosocialisme sera être une réponse magnifique aux problèmes économiques, sociaux et environnementaux auxquels nous avons tous à répondre.

Tout cela aura un coût immédiat non négligeable, c’est évident, c’est ce qui freine actuellement sa réalisation. Mais la classe politique doit avoir le courage politique de mener ses projets dont nous pourrons récolter les fruits que dans quelques dizaines d’années. Mais si nous continuons d’attendre, que nous permettons le laisser-faire libéral, il sera trop tard pour faire marche arrière et le prix à payer sera beaucoup plus cher. L’idée de règle verte répond à cette exigence de respect de l’environnement, elle consiste en des exigences de réduction des émissions de pollutions par les états ou de la consommation énergétique afin de résorber la dette écologique et ne pas « vivre à crédit » en atteignant le « jour du dépassement global » dès le mois d’août comme ce fut le cas pour l’année 2014. Le but étant de neutraliser l’empreinte écologique de l’humanité en développant les alternatives au nucléaire, au pétrole, au charbon, etc.

Le rôle des États

Cela passe encore par la mise en place de planification écologique par les États. Ceux-ci doivent mener des politiques sur le long, voir le très long terme, en concertation et sous contrôle des citoyen-nes visant à permettre une transition écologique, un développement des énergies renouvelables, un changement des politiques pour faire évoluer les consciences, dès l’école ; revoir les impératifs de production, en poussant vers des modes de production plus raisonnés, en fonction des besoins réels.

Un réveil des consciences et une modification de l’idéologie actuelle seront nécessaires, une bataille culturelle pour annihiler la doxa libérale imprimée dans toutes les consciences et martelée à longueur d’antennes par les télévisions et à longueur de lignes par les journaux devra aussi être menée pour faire accepter l’urgence d’une telle politique. Toutes les couches de la société doivent se sentir concernées par l’urgence et doivent mettre, à leur niveau, les moyens dont ils disposent au service de ce changement de société.

L’écosocialisme n’est pas qu’un projet écologique, c’est aussi et surtout un projet de société qui met l’humain, les citoyen-nes au cœur du processus décisionnel, qui lui offre la possibilité de changer les choses à son échelle par l’empilement de petits gestes qui ensemble peuvent réellement faire changer les choses. C’est un renouveau du projet socialiste, un nouveau souffle pour les forces de gauche. Ce projet ne peut quitter son état d’utopie qu’en étant porté par une multitude de pays, tous. Cela doit être une initiative internationale et universelle, devant être impulsée par les peuples de tous les pays et toutes les classes. C’est une manifestation nouvelle et réelle de la convergence de toutes les luttes qui doivent se joindre à la cause de l’écologie, car toutes nos réalisations, tous nos combats, toutes nos avancées sociales n’auront plus aucun effet si notre monde venait à disparaitre par notre faute.

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membre et rédacteur pour Réflexions socialistes
correspondant en France
étudiant en droit

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